
Le mythe du « trou de la Sécu »
Pour qu’il y ait déficit, il faut qu’il y ait un écart entre les dépenses et les recettes. Or, si on connaît le passif, on ne sait rien de l’actif du bilan de la SS. La Sécurité sociale n’existe pas comme entité comptable.
Qui plus est, le montant des dépenses, rapporté aux sommes en jeu, ne correspond pas à une part considérable de l’ensemble des recettes du régime général : même en 2005, où il atteint un niveau sans précédent, il n’en représente que 4,3 %. Cette même année, les besoins de financement de la Sécurité sociale ne constituent que 7,3 % de l’ensemble des besoins des administrations publiques.
Enfin, les analogies entre des déficits publics et le budget d’un ménage présentent des limites ; elles empêchent de voir les effets bénéfiques des déficits publics, qui constituent certes des « trous », mais aussi des revenus redistribués aux bénéficiaires des prestations.
cf. Le mythe du « trou de la Sécu » de Julien Duval. Ce chercheur au CNRS renverse les termes du problème : il n’y a pas de « déficit de la sécu » mais « un besoin de financement » que les gouvernements successifs ont décidé de ne pas satisfaire en multipliant depuis 1993 les exonérations de charges sociales. En effet, l’affaiblissement de la protection sociale découle non pas d’arbitrages techniques mais d’un choix politique : le transfert généralisé des « risques » du capital vers le travail. Le déficit de la Sécurité sociale devrait être qualifié de « déficit de financement »